Le CADA est fier de vous inviter à sa huitième édition sous le thème de l’EMERGENCE !
Le Colloque Annuel du Département d’Anthropologie (CADA) de l’Université de Montréal a pour mission de favoriser le dialogue entre les différentes approches et perspectives de l’étude de l’humain. Chaque année, cet évènement réunit plus d’une centaine de personnes étudiantes, professeures et chercheures issues des quatre sous-disciplines de l’anthropologie et de domaines connexes. Cet espace d’échange privilégié permet de susciter des réflexions interdisciplinaires autour d’une thématique commune, et de solidifier les liens intra- et interinstitutionnels. Cette huitième édition se déroulera du 17 au 19 mars 2026.
Café et viennoiseries seront offerts les matins, diner-traiteur les midis ainsi qu’un cocktail de type vin et fromage à la fermeture.
ÉDITION 2026 : ÉMERGENCE
Le terme « émergence » désigne l’apparition de formes, d’idées, de pratiques ou d’agencements sociaux qui n’existaient pas et n’étaient pas prévisibles à partir des éléments initiaux [1]. L’anthropologie de l’émergence permet ainsi de penser les dynamiques imprévues, le changement sans finalité, l’incertitude des devenirs sociaux et biologiques, et l’instabilité du monde humain et non humain, tout en assumant le désordre et la créativité. Elle propose de réfléchir à la manière dont des configurations nouvelles (corporelles, sociales, techniques, langagières ou symboliques) émergent dans des contextes marqués par la complexité, l’interdépendance, et souvent, la surprise.
Cette thématique permet d’interroger les conditions de possibilité de l’émergence : quels agencements matériels, relations, tensions ou affects rendent possible la survenue du nouveau? À quelles échelles (temporelles, sociales, biologiques) l’émergence devient-elle perceptible, et pour qui? L’ethnologie, l’ethnolinguistique, l’archéologie et la bioanthropologie offrent ainsi des terrains privilégiés pour penser la formation du nouveau dans la longue durée, la coévolution, ou les interactions interspécifiques [1].
De plus, l’émergence ne se limite pas aux phénomènes observés par l’anthropologie, elle traverse ses propres pratiques. L’apparition de nouvelles technologies, telles que l’imagerie 3D, les analyses génétiques, la modélisation numérique, les bases de données collaboratives ou l’intelligence artificielle, ouvre des horizons méthodologiques inédits. Ces innovations permettent de revisiter des corpus anciens, de cartographier des dynamiques sociales ou biologiques à grande échelle, et de révéler des traces jusqu’ici insoupçonnées ou impensables. Elles redéfinissent la manière même dont l’humain, le vivant et la culture peuvent être étudiés, en rendant visible l’invisible, audible l’inaudible, et pensable l’imprévisible. Ainsi, les technologies émergentes ne sont pas de simples instruments d’analyse: elles participent elles aussi à la fabrique du savoir anthropologique, en transformant la relation entre chercheur·es, terrain et données.
EXEMPLES CONCRETS POUR CHAQUE SOUS-DISCIPLINE :
En ethnologie, la thématique de l’« émergence » devient un prisme pour explorer les bifurcations, les transformations, les innovations ou les subjectivités en formation, avec ou sans finalité. Depuis les premiers travaux sur les systèmes sociaux complexes, la discipline s’est toujours efforcée de rendre intelligibles des formes d’organisation irréductibles aux modèles linéaires ou déterministes. Elle conduit ainsi à revisiter les cadres classiques du fonctionnalisme [2; 3; 4], de l’interactionnisme [5] ou du structuralisme [6], en les confrontant aux approches contemporaines inspirées des sciences de la complexité, de la cognition et du vivant [1; 7; 8; 9; 10; 11]. En ce sens, il s’agit d’un concept à la fois théorique, méthodologique et politique, qui invite à repenser les conditions mêmes de la production du savoir anthropologique.
En ethnolinguistique, comme l’a montré Austin [12], le langage ne se contente pas de décrire le monde : il le fait advenir. Ainsil’émergence se manifeste dans la vitalité même du langage. Les langues se forment et se transforment au croisement des échanges, des migrations et des imaginaires collectifs, donnant naissance à de nouveaux mots, à des sons inédits et à des tournures qui traduisent des mondes en mouvement [13]. Les langues inventent sans cesse de nouvelles manières de penser, de sentir, de concevoir et d’expérimenter la réalité. L’apparition de ces formes langagières s’accompagne de l’émergence de schèmes cognitifs partagés, structures implicites qui rendent la communication possible et donnent du sens aux univers symboliques d’un groupe [6]. Les travaux de Descola [14] et de Douglas [15] rappellent par ailleurs que les systèmes symboliques eux-mêmes connaissent des formes d’émergence, oscillant entre continuité classificatoire et innovation cosmologique. L’émergence linguistique devient ainsi une co-évolution du milieu, de la pensée et de la parole: un mouvement collectif où l’identité culturelle prend forme. Aujourd’hui, ces transformations peuvent aussi être observées grâce à des outils numériques d’analyse du langage, qui rendent perceptible l’émergence de nouvelles tendances lexicales, phonétiques ou syntaxiques à l’échelle mondiale [16; 17].
En bioanthropologie, l’émergence se manifeste dans la relation mouvante entre les modes de vie, les milieux et les morphologies. L’apparition de nouveaux environnements, de nouvelles technologies ou de nouvelles organisations sociales et culturelles entraîne des transformations physiques et physiologiques qui témoignent de l’adaptabilité du vivant [18; 19]. Les changements de régime alimentaire, les migrations, la sédentarisation ou encore les modes contemporains de travail et de reproduction révèlent la manière dont le corps humain s’ajuste, parfois de façon inattendue, aux conditions de son existence [20]. Ces processus traduisent ainsi des émergences coévolutives : l’humain modifie son milieu, et ce milieu, en retour, façonne son corps et ses comportements [21]. Ainsi, la bioanthropologie permet de penser l’émergence non seulement comme transformation biologique, mais comme dynamique intégrée entre technique, culture et physiologie, qui se réinvente sans cesse au sein des populations humaines et, plus largement, des populations primates [22; 23; 24; 25].
En archéologie, les outils, les traces et les vestiges émergent du sol comme autant de signes d’existences passées, donnant à la thématique une dimension concrète, sensorielle et empirique. Chaque artefact révèle un mode de vie, une aptitude technique ou une culture en formation, témoins des formes d’organisation humaine qui se sont cristallisées dans la matière. Les archéologues ne se contentent plus de lire ces objets comme des indices statiques, mais comme des acteurs de relations humaines, des agents de mémoire et de transformation [26; 27]. L’émergence prend ici un sens double: elle décrit à la fois le surgissement matériel des traces du passé et la façon dont ces objets, une fois découverts, produisent de nouvelles formes de savoir, d’émotion et de narration [28]. Dans cette perspective, l’artefact devient un point de jonction entre matière et pensée, entre geste et mémoire: il fait émerger la continuité du vivant à travers les pratiques techniques et symboliques. Les approches contemporaines de la phénoménologie du paysage et de la matérialité [29; 30; 31] rappellent que le sens ne se trouve pas dans les choses, mais avec elles, dans les interactions multiples qui les lient aux humains et à leurs milieux. Ces émergences matérielles témoignent de la créativité humaine et des multiples chemins de l’adaptation, où chaque invention ouvre la possibilité d’un monde nouveau.
*** Ces exemples sont suggestifs et non exhaustifs. Toute proposition en lien avec la thématique est la bienvenue. Les approches comparatives, expérimentales, collaboratives ou transdisciplinaires sont particulièrement encouragées. ***
PROPOSER UNE COMMUNICATION ORALE
Les communications, proposées en français ou en anglais, seront d’une durée de 20 minutes, et suivies d’une période de questions de 10 minutes. Les propositions doivent inclure un lien clair avec la thématique « Émergence » et avec l’anthropologie ou les disciplines connexes. Les personnes issues d’autres domaines de la recherche sont ainsi invitées à soumettre une proposition de communication.
Les personnes dont la proposition est retenue seront également invitées à participer à une discussion interdisciplinaire avec celles et ceux dont la communication est prévue au même bloc horaire. Il est prévu que des actes de colloque soient publiés en automne 2026, dans la revue thématique annuelle du CADA, pour rendre compte des communications présentées durant le colloque.
Les propositions de communication devront clairement inclure :
- Le nom de la ou des personne(s) présentatrice(s) ;
- L’université, unité d’attache ou organisme affilié (le cas échéant) ;
- La discipline ou sous-discipline concernée ;
- Le titre de la présentation ;
- Le résumé de la présentation (250 mots maximum). Les propos doivent être appuyés par des références scientifiques. Le CADA n’impose pas de style bibliographique pour les références, mais il est attendu que le style choisi soit appliqué uniformément à l’ensemble de la proposition. Par souci d’égalité, la longueur des propositions est limitée de façon stricte à 250 mots; tout texte excédentaire ne sera pas pris en compte. Les références dans le texte sont comprises dans la limite de 250 mots, alors que la bibliographie en est exclue.
- Les liens avec la thématique « Émergence » et avec l‘anthropologie doivent être clairs et explicites.
- Les moments (jours et/ou heures) auxquelles vous n’êtes PAS DISPONIBLES durant le colloque.
PROPOSER UNE AFFICHE
Les affiches peuvent être proposées en français ou en anglais et doivent avoir un lien clair avec la thématique « Émergence » et avec l’anthropologie ou les disciplines connexes. Les personnes issues d’autres domaines de la recherche sont ainsi invitées à soumettre une proposition d’affiche, en s’assurant toutefois que leur affiche ait un lien avec l’anthropologie. Les affiches seront présentées chaque heure du diner pendant les trois jours du colloque et durant le cocktail de fermeture. Il n’est pas attendu que les personnes dont la proposition d’affiche est acceptée soient présentes pour présenter leur affiche oralement, bien que ce soit souhaitable. Advenant qu’un trop grand nombre d’affiches soit proposé, les personnes disponibles pour présenter oralement leur affiche seront priorisées. L‘impression des affiches est à la charge du CADA.
Les propositions d’affiche devront clairement inclure :
- Le nom de la ou des personne(s) autrice(s) ;
- L’université, unité d’attache ou organisme affilié (le cas échéant) ;
- La discipline ou sous-discipline concernée ;
- Le titre de l’affiche ;
- Le résumé du contenu de l’affiche (250 mots maximum). Les propos doivent être appuyés par des références scientifiques. Le CADA n’impose pas de style bibliographique pour les références, mais il est attendu que le style choisi soit appliqué uniformément à l’ensemble de la proposition. Par souci d’égalité, la longueur des propositions est limitée de façon stricte à 250 mots; tout texte excédentaire ne sera pas pris en compte. Les références dans le texte sont comprises dans la limite de 250 mots, alors que la bibliographie en est exclue.
- Les liens avec la thématique « Émergence » et avec l‘anthropologie doivent être clairs et explicites.
- Les moments (jours et/ou heures) auxquelles vous n’êtes PAS DISPONIBLES durant le colloque.
PROPOSER UN PROJET ARTISTIQUE
Le CADA réitère avec l’intégration d’un volet Arts et Sciences qui permettra aux personnes étudiantes et enseignantes en anthropologie ou dans une discipline connexe de présenter des œuvres originales autour de la thématique « Émergence ». Ce projet, à l’intersection du savoir scientifique et de l’expression artistique, offrira une plateforme de partage de la connaissance dans un format qui suscitera les sens et éveillera les émotions, favorisant des discussions interdisciplinaires qui contribueront à la formation des personnes chercheures émergentes.
À une époque marquée par la surcharge de contenu numérique, le CADA souhaite contribuer à préparer les personnes chercheures aux défis de l’avenir en leur offrant un espace de transmission des connaissances à la fois rigoureux, mais aussi profondément humain. L’art est un excellent moyen d’y arriver, puisqu’il contient plusieurs couches d’information encapsulées dans un seul objet, qui a le potentiel de toucher et de laisser une marque. Nous pensons qu’offrir une pause réflexive à travers l’art comme méthode heuristique de transmission scientifique, en valorisant l’affect et la subjectivité, favorise une posture épistémologique où l’expérience sensible participe activement à l’acte de comprendre.
Les œuvres doivent avoir un lien clair avec la thématique « Émergence ». Toute forme d’art est acceptée (photographie, sculpture, écriture, musique, etc.). Les personnes issues d’autres domaines que l’anthropologie sont aussi invitées à participer, en s’assurant toutefois que la proposition ait un lien avec l’anthropologie. Les projets artistiques seront présentés chaque heure du diner pendant les trois jours du colloque et durant le cocktail de fermeture. L’impression est à la charge du CADA, le cas échéant. L’installation est de la responsabilité de l’artiste. Elle aura impérativement lieu le lundi 16 mars, en soirée. Des écrans, des écouteurs et des codes QR peuvent être mis à la disposition des artistes au besoin.
Les propositions de projet artistique devront clairement inclure :
- Le nom de(s) l’artiste(s);
- L’université, unité d’attache ou organisme affilié (le cas échéant);
- La discipline ou sous-discipline concernée ;
- Le titre de l‘œuvre ;
- Une fiche technique de l‘œuvre ne dépassant pas 2 pages (type, matériaux, lien avec la thématique « Émergence » et l‘anthropologie, résumé du thème abordé dans l‘œuvre).
- S’il s’agit d’une image imprimée, le format maximal doit respecter la dimension standard d’une affiche scientifique (A0).
- Si votre œuvre utilise l’audio ou la vidéo, nous y joindrons un code QR pour que les personnes participantes puissent y avoir accès via leurs appareils électroniques.
- Le CADA rendra les œuvres disponibles via son site web pour les personnes participantes en ligne. L’artiste est responsable de fournir photos, vidéo ou autres fichiers à déposer sur le site.
- Le comité organisateur n’est pas tenu responsable des bris qui pourraient survenir durant le transport.
PROPOSER UNE PUBLICATION
Le comité organisateur du CADA prépare également une revue thématique annuelle rassemblant les actes du colloque et des articles originaux portant sur la thématique annuelle. Cette revue offrira un espace de réflexion académique et créative autour des transformations contemporaines de l’humain, du vivant et de la culture. Les contributions de toutes les sous-disciplines de l’anthropologie, ainsi que de domaines connexes (arts, philosophie, sociologie, biologie, géographie, design, etc.), sont les bienvenues.
Les personnes intéressées sont invitées à soumettre un texte académique ou artistique en lien clair avec la thématique « Émergence ». Les contributions pourront prendre la forme d’articles scientifiques, d’essais, d’entretiens, de notes de terrain, d’éditoriaux réflexifs ou de créations hybrides (auto-ethnographie visuelle, poésie, bande dessinée, récit sensible, etc.).
Les propositions sélectionnées seront évaluées par un comité de lecture à double évaluation anonyme, composé de membres du corps professoral et d’étudiant·es aux cycles supérieurs. Les textes retenus feront l’objet d’une publication à l’automne 2026, après un processus d’accompagnement et de révision au cours de l’été.
Les propositions de texte devront clairement inclure:
- Le nom de la ou des personne(s) autrice(s) ;
- L’université, unité d’attache ou organisme affilié (le cas échéant) ;
- La discipline ou sous-discipline concernée ;
- Le titre du texte ;
- Un résumé de la proposition (250 mots maximum) précisant l’angle choisi et le lien explicite avec la thématique « Émergence ». Les propos doivent être appuyés par des références scientifiques. Le CADA n’impose pas de style bibliographique pour les références, mais il est attendu que le style choisi soit appliqué uniformément à l’ensemble de la proposition. Par souci d’égalité, la longueur des propositions est limitée de façon stricte à 250 mots; tout texte excédentaire ne sera pas pris en compte. Les références dans le texte sont comprises dans la limite de 250 mots, alors que la bibliographie en est exclue.
- Une mention du type de contribution envisagée (article académique, essai, création artistique, etc.).
Les textes complets (entre 6 000 et 8 000 mots pour les articles, formats libres ne dépassant pas 4000 mots pour les créations artistiques) devront être remis au plus tard le 15 mai 2026. Les relectures et corrections se tiendront pendant l’été, en vue d’une publication à l’automne 2026.
SOUMETTRE SA PROPOSITION AU COMITÉ
Les personnes participantes sont invitées à soumettre une proposition dans un ou plusieurs volets du CADA (communication orale, affiche, projet artistique ou texte pour la revue thématique). Toutefois, selon le nombre total de propositions reçues, le comité organisateur pourrait ne retenir qu’une seule proposition par personne, afin de permettre au plus grand nombre de participant·es de présenter leurs travaux.
Dans le but de faciliter la sélection et de favoriser la diversité des perspectives, des approches et des expériences au sein de la programmation, les personnes qui soumettent plusieurs propositions sont priées d’indiquer l’ordre de priorité de leurs soumissions (ex. : 1. communication, 2. affiche, 3. projet artistique). Cette information n’influencera pas l’évaluation scientifique ou artistique des propositions, mais servira uniquement à équilibrer la programmation de manière équitable et inclusive, tout en préservant l’esprit collectif de l’événement.
Pour tous les formats de propositions :
- Le non-respect d’un seul des critères indiqués dans cet appel entrainera un rejet irréversible de la soumission. En cas dse doute à ce sujet en cours de rédaction, écrivez-nous.
- Vous pouvez nous envoyer vos propositions jusqu’au 18 janvier à 23h59 à l’adresse suivante : cada.udem@gmail.com
Nous avons hâte de vous lire et de vous entendre,
– Le comité organisateur du CADA 2026
RÉFÉRENCES
[1] Parkin, David, et Stanley Ulijaszek, eds. Holistic Anthropology: Emergence and Convergence. Oxford: Berghahn Books, 2011.
[2] Durkheim, Émile. Les formes élémentaires de la vie religieuse. Paris: Alcan, 1912.
[3] Malinowski, Bronislaw. Argonauts of the Western Pacific. London: Routledge, 1922.
[4] Radcliffe-Brown, Alfred R. Structure and Function in Primitive Society. London: Cohen & West, 1952.
[5] Mead, George Herbert. Mind, Self, and Society: From the Standpoint of a Social Behaviorist. Chicago: University of Chicago Press, 1934.
[6] Lévi-Strauss, Claude. Les structures élémentaires de la parenté. Paris: Presses Universitaires de France, 1949.
[7] Bateson, Gregory. Steps to an Ecology of Mind. San Francisco: Chandler Publishing Company, 1972.
[8] Ingold, Tim. Being Alive: Essays on Movement, Knowledge and Description. London: Routledge, 2011.
[9] Viveiros de Castro, Eduardo. Cannibal metaphysics: For a Post-Structural Anthropology. Minneapolis: Univocal Publishing, 2014.
[10] Tsing, Anna Lowenhaupt. The Mushroom at the End of the World: On the Possibility of Life in Capitalist Ruins. Princeton: Princeton University Press, 2015.
[11] Pitrou, Perig. “Individu, famille, communauté: niveaux d’organisation et logiques d’émergence en anthropologie du vivant.” L’Homme 220 (2016): 123–158.
[12] Austin, J. L. How to Do Things with Words. Oxford: Clarendon Press, 1962.
[13] Michalopoulos, Stelios. “The Origins of Ethnolinguistic Diversity.” American Economic Review 102, no. 4 (2012): 1508–1539.
[14] Descola, Philippe. Par-delà nature et culture. Paris: Gallimard, 2005.
[15] Douglas, Mary. Purity and Danger: An Analysis of Concepts of Pollution and Taboo. London: Routledge, 1966.
[16] Brezina, Vaclav. Statistics in Corpus Linguistics: A Practical Guide. Cambridge: Cambridge University Press, 2018.
[17] Blasi, Damián E., Steven Moran, Scott R. Moisik, Paul Widmer, Dan Dediu, et Balthasar Bickel. “Human sound systems are shaped by post-Neolithic changes in bite configuration.” Science 363, no. 6432 (2019): eaav3218.
[18] Boivin, Nicole L., Melinda A. Zeder, Dorian Q. Fuller, Alison Crowther, Greger Larson, Jon M. Erlandson, Tim Denham, et Michael D. Petraglia. “Ecological consequences of human niche construction: Examining long-term anthropogenic shaping of global species distributions.” Proceedings of the National Academy of Sciences 113, no. 23 (2016): 6388–6396.
[19] Wells, Jonathan C. K. The Evolutionary Biology of Human Body Fatness: Thrift and Control. Cambridge: Cambridge University Press, 2010.
[20] Larsen, Clark Spencer. Our Origins: Discovering Physical Anthropology. New York: W. W. Norton, 2014.
[21] Antón, Susan C., William R. Leonard, et Leslie C. Aiello. “Evolution of brain and body size: A new look at the fossil evidence and a new model.” Current Anthropology 55, no. S10 (2014): S163–S177.
[22] García-Raso, Daniel. “Prehistoria y Primatología: Estudio de la conducta instrumental en primates no humanos.” Complutum 23, no. 1 (2012): 9–26.
[23] Reader, Simon M., et Kevin N. Laland. Animal Innovation. Oxford: Oxford University Press, 2003.
[24] Whiten, Andrew, et Carel P. van Schaik. “The evolution of animal ‘cultures’ and social intelligence.” Philosophical Transactions of the Royal Society B: Biological Sciences 362, no. 1480 (2007): 603–620.
[25] Bădescu, Iulia, Luseadra J. McKerracher, Daniel W. Sellen, David P. Watts & Felix Riede. “Atypical tool and object use in wild immature chimpanzees reveals developmental pathways to innovation.” Scientific Reports 15, no. 1 (2025): 36396. https://doi.org/10.1038/s41598-025-20487-8
[26] Gell, Alfred. Art and Agency: An Anthropological Theory. Oxford: Clarendon Press, 1998.
[27] Hodder, Ian. Entangled: An Archaeology of the Relationships Between Humans and Things. Oxford: Wiley-Blackwell, 2012.
[28] Hamilakis, Yannis. Archaeology and the Senses: Human Experience, Memory, and Affect. Cambridge: Cambridge University Press, 2014.
[29] Tilley, Christopher. A Phenomenology of Landscape: Places, Paths and Monuments. Oxford: Berg, 1994.
[30] DeMarrais, Elizabeth, Chris Gosden, et Colin Renfrew, eds. Rethinking Materiality: The Engagement of Mind with the Material World. Cambridge: McDonald Institute for Archaeological Research, 2004.
[31] Malafouris, Lambros. How Things Shape the Mind: A Theory of Material Engagement. Cambridge: MIT Press, 2013.
